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Archive pour Humeur

Tellement facile d’y aller, si dur d’en partir: mon expérience communautaire

Tendre vers l’autarcie, faire son potager, avoir sa cabane dans la forêt, être auto-suffisant-e, se passer des supermarchés, ne plus dépendre d’un patron, être libre de se développer intellectuellement, avoir du temps, ne plus vivre en ville … Nous avons tou-te-s rêvé à un moment ou à un autre d’atteindre l’un de ses objectifs, ou tous à la fois, mais nous sommes très peu à réellement avoir tenté de les atteindre. Plus tôt, je voulais nommer cet article « vous en aviez rêvé, je l’ai fait » ; maintenant, je trouve ce premier titre tellement prétentieux et fermé. Une alternative plus positive serait plutôt « nous en rêvons tous les jours, et nous pouvons le faire ».

Depuis quelques années, je m’étais plus ou moins rendu compte que l’urbain-e de base, celui que j’ai été aussi, était condamné-e par la structure même du modèle dominant à y rester et à camper sur ses positions. Jouer sur les peurs instinctives, assimiler le confort matériel au bien-être personnel, créer des divisions entre des personnes qui aspirent finalement et profondément aux mêmes idéaux: telles sont leurs armes pour nous maintenir dans cette paralysie de l’esprit. Mais à un moment, la pression est telle qu’elle a besoin de sortir, comme une bonbonne prête à exploser. Et pour cela, il faut prendre des risques. Ne plus avoir peur, faire confiance au mouvement, se dire qu’au pire, je suis vivant. C’est cette volonté qui m’a fait aller de l’avant.

L’été dernier, après avoir exploré une piste infructueuse de vivre autrement, j’ai recherché des communautés en France. Et très rapidement, petite mort. J’ai trouvé mon bonheur dans un simple descriptif, qui exposait l’historique et la prise de position initiale de cette communauté située dans le Sud de la France, que j’appellerai Dužina dans cet article. Ça collait tellement avec la direction que je voulais faire prendre à ma façon de vivre que j’en ai pleuré de joie, vraiment. Ça va paraitre con, mais quand tu as eu des menottes toute ta vie et qu’on te montre pour la première fois les clefs qui te permettent de les défaire, cette sensation concrète nommée espoir revient subitement et a un effet apaisant immédiat. Une sensation qui m’était abstraite depuis un certain temps et dont j’avais bien besoin à ce moment-là.
Un bref détour par là-bas durant un weekend pour me rassurer sur toutes les questions idiotes que je pouvais me poser et les improbables mais possibles zones d’ombre qui pouvaient entourer Dužina, et j’étais convaincu: je reviendrais, mais plus longtemps, et plus intensément.

Un mois plus tard, le temps de boucler les quelques engagements qui me retenaient encore à Paris, j’envoyais une lettre à Dužina exposant mes motivations et les dates durant lesquelles je comptais venir, aussi pour savoir si je ne serais pas de trop à ce moment-là. M’attendant presque à ne pas recevoir de réponse, me disant naïvement qu’ils-elles n’avaient que faire d’un urbain qui ne sait presque rien faire de ses mains dans un contexte agricole et n’ayant jamais vécu l’auto-gestion et le projet communautaire, je fus surpris de recevoir un accueillant retour m’annonçant que la lettre leur avait plu et que j’étais le bienvenu durant la période que je proposais. Sentiment d’extase, encore une fois. Quelques autres affaires à boucler, quelques préparatifs pour le voyage, et un autre mois plus tard, je partais, vers l’inconnu, un bouillonnement au ventre et le sourire aux lèvres.

A mon arrivée, l’impression d’être un cheveu tombé dans la soupe. Bah oui, pas de stand d’accueil, pas d’hawaïennes aux ukulélés ; simplement des personnes occupées à la tâche. C’est certes un peu déroutant quand on a l’habitude d’une organisation compartimentée, où chacun-e est attitré-e à une tâche spécifique, avec un chef à la tête de chaque groupe. Mais dans un collectif comme celui-là, ça prend tout son sens. J’y reviendrai.
Quelqu’un a finalement un peu de temps pour me montrer où je peux poser mes affaires et où je dormirais, là où toutes les âmes de passage s’installent, pour quelques jours, quelques semaines ou plusieurs mois. Cet endroit porte un nom particulier mais après y avoir passé un mois entier, entourés de personnalités aux origines très variées, aux utopies différentes mais au socle commun, aux sensibilités de tous les horizons, chacun délivrant ses idées et s’inspirant de celles des autres, j’aime maintenant à l’appeler la Ruche. Comme un foisonnement de petites abeilles ouvrières, toutes unies dans un amour réciproque, liées entre elles pour la vie, vers une même construction d’utopie, dans le même élan. On y buvait, on y riait, on y enfumait les rideaux, on y communiait, on y rêvait; on y vivait.

Ce jeune homme qui était devenu un grand sage, trop rapidement aux yeux de la société qui s’est acharné sur lui mais qui n’a fait que de le rendre plus fort.
Celui-ci qui a été et reste un geek pur jus, libriste dans l’âme, qui est venu pratiquer l’esprit de communauté In Real Life, et d’une intelligence arrogante mais nécessaire.
Celle-là, amoureuse de plantes et de spiritualité, avec qui les idées peuvent flotter quelques instants pour prendre chacun le temps de bien saisir leurs sens.
Puis celle-ci, charmante et timide, qui s’est découvert l’âme d’une militante, révoltée par les épreuves que nous avions traversé ensemble.
Puis tou-te-s les autres, tou-te-s plus rêveurs-ses les uns que les autres, tous poussé-e-s vers un nouvel espoir, un nouveau futur, une ouverture au Monde et aux Hommes et Femmes de ce grand et magnifique forum.
Et enfin, Elle …

Être en présence de ce groupe dans le collectif m’a beaucoup aidé à surmonter mes craintes et à faire un premier pas vers le reste de la communauté. Je me considérais comme très peu sociable avant cette expérience; celle-ci m’a réveillé et m’a fait comprendre que si je ne m’ouvrais pas aux autres avant, c’était principalement de mon fait et pas d’un quelconque trait inné. Motivé par la Peur, j’ai appris à être motivé par l’Amour.
C’est avec ce bagage en main que j’ai pu aller vers tous les autres membres de la communauté, ceux-celles qui étaient là depuis le tout début, ceux-celles qui les avaient rejoint, ceux-celles qui se sont intégré-e-s relativement récemment. Chacun-e y a son histoire à raconter; parfois, cela se fait très simplement, d’autres fois, il m’aura fallu tout mon séjour pour approcher personnellement ces forces de caractère. On y apprend beaucoup humainement, plus sur soi que sur les autres d’ailleurs.

Si je m’étends si longuement sur l’aspect relationnel de la communauté, c’est que c’est le ciment qui lie tout ce beau monde ensemble. Préparer les terres, semer les graines, récolter les fruits de la nature, s’occuper des animaux, confectionner les repas, échanger des idées; c’est important, mais presque secondaire d’un certain point de vue. Sans de saines connexions entre les membres de ce groupe, tout ça serait vide de sens.
Et beaucoup de règles informelles, que la majorité respecte, facilitent ces échanges. Écouter l’autre, mettre de temps en temps de côté son égo, laisser l’autre développer ses arguments plutôt que de le couper, laisser des silences planer plutôt que de les remplir avec du blabla dans le seul but de les remplir. Des briques qui sont utiles à la vie en communauté, mais aussi dans les milieux urbains, où on a tendance à trop vouloir imposer son point de vue sans considérer améliorer le sien grâce à celui des autres.

On y apprend aussi concrètement ce qu’est l’autogestion.
Attends, attends, l’auto-gestion, c’est les anarchistes tout ça ? Ni Dieu, ni Maître, genre c’est le bordel tout le monde tue/viole/mutile/vole tout le monde et..
Chut. Pour ceux-celles qui croiraient que c’est un concept caractéristique d’un anarchisme préconçu qui imprègne l’imaginaire d’une grande majorité, je leur conseille d’aller voir la définition sur Wikipédia. La définition classique:

Dans sa définition classique, l’autogestion (du grec autos, « soi-même », et « gestion ») est le fait, pour un groupe d’individus ou une structure considérée, de prendre les décisions concernant ce groupe ou cette structure par l’ensemble des personnes membres du groupe ou de la structure considérée.

Vous remarquerez d’ailleurs que cette définition correspond bien aux groupes de dirigeant-e-s (politiques, économiques et sociaux) qui prennent des décisions pour eux-elles-mêmes finalement. Bon, par contre, ce qu’ils-elles n’ont pas remarqué, c’est que ça déborde sur les 99 autres pourcents de la population, mais bon, ça, c’est un détail.
En pratique, l’autogestion, c’est le fait pour une personne ou un groupe de personnes d’organiser directement un projet, sans mettre quelqu’un-e au-dessus de l’autre. A Dužina, tous les projets, réguliers (comme les semences, les récoltes et l’élevage) ou exceptionnels (comme les habitations individuelles à construire et les conférences tenues dans la région), démarrent de l’initiative d’une personne ou d’un groupe de personnes, autour desquels se rattachent les intéressés, et s’élaborent avec la participation de tous, chacun apportant sa pierre et ses idées au projet, sans que l’un-e ou l’autre ait sa parole plus valorisée qu’un-e autre.

Je ne le cache pas: je n’ai jamais aimé l’autorité et je ne l’aimerais jamais. Et je n’arrive pas à comprendre que d’autres puissent aimer l’autorité. En fait, ce n’est même pas une question de gout de l’autorité ou pas; dans ce cas-là je comprendrais que certains puissent aimer l’autorité. Non, c’est simplement que de mon point de vue, laisser l’autorité dicter mes pensées et mes actes est une sorte d’infantilisation. Que ce soit une autorité politique, morale, culturelle, ce serait laisser croire que je ne suis pas un adulte qui a sa manière de penser, qui a les capacités de mener une réflexion raisonnée et d’agir en conséquence. Ce serait mettre des hommes-femmes au-dessus des autres car c’est comme ça, sur des règles arbitraires.
Je suis tout à fait d’accord pour dire que certaines personnes méritent qu’on les écoute, car ils ont une expérience de la vie, un savoir pratique ou simplement une opinion politique réfléchie. Mais qu’elles se permettent sur cette base de se croire supérieur et d’imposer sans discussion leur point de vue, là je dis non. Je suis un être libre et qui veut être libre et j’emmerde l’autorité.

C’est pourquoi j’aime comment on travaille à Dužina, plutôt que dans les jobs que j’ai pu faire avant, le salariat classique dirais-je. Dans cette communauté, rien n’est imposé. Toutes les activités demandent des têtes et des bras mais les équipes sont constituées sur base du volontariat. Les besoins sont annoncés durant la réunion hebdomadaire du dimanche soir et chacun peut s’inscrire tout au long de la semaine, voire s’y inviter au dernier moment. Et même si dans la semaine y a un jour où on n’est pas dans son assiette physiquement ou psychiquement, on peut rester au calme le temps de se reposer/de réfléchir; personne ne le reprochera.
Pour ma part, j’ai mis du temps à le comprendre et à mon arrivée, j’ai fait comme beaucoup d’autres arrivant-e-s: participer à un maximum d’activités, même à celles qui ne me plaisaient pas tant que ça, simplement pour me faire bien voir, quitte à être crevé. Mais finalement, ce que j’ai compris et que l’esprit inconscient de cette communauté demande, ce n’est pas de donner tout ce qu’on a, simplement pour se rendre utile. Mais d’être maitre de ce qu’on fait, responsable de chaque choix que l’on fait – je choisis de le faire car je me sens responsable de son aboutissement… – , d’avoir l’esprit disponible pour s’élever dans ce qu’on choisit de faire, pour ensuite préparer des projets sur le long terme pour concrétiser les utopies qui mijotent dans nos esprits – … tout en continuant d’apprendre pour construire le futur que j’espère.
Liberté, Choix, Responsabilité, Concrétisation.

Beaucoup considèrent que vouloir manger bio et/ou local n’est qu’une lubie, un phénomène de mode, qui permet à ceux-celles qui le font de se déculpabiliser de leur impact sur le monde vivant. Il y en a surement dans ces consommateurs qui font ça pour de telles raisons. Personnellement, je le vois autrement, après avoir consommé moi-même ou par le biais de proches de la nourriture de supermarché (donc élevage en batterie, monoculture et pesticides, ajout d’ingrédients rassasiants et absents de la recette originale du produit en question), puis être passé au « le plus de bio-local possible ».
D’abord, je ne veux pas mourir d’un cancer. Personne ne le voudrait d’ailleurs. Pourtant, le mode de vie qu’on suit est le même que celui de la majorité des Français-es – et en général des pays occidentalisés – après la Seconde Guerre Mondiale et l’arrivée de l’industrie de masse de mon point de vue, c’est-à-dire vie en ville, dépréciation du travail manuel et physique et appréciation du travail « noble » et sédentaire (en gros, à défaut de travailler à son compte, on s’est mis à bosser pour un patron *facepalm*) et consommation de nourriture qui arrive de plus en plus loin, mais qui est paradoxalement de moins en moins chère. Bizarrement, c’est à partir de cette génération, qui a vieilli maintenant, qu’on a vu le plus de cas de cancers, de maladies dues à l’excès de graisses et de tous ces cas maux-dernes. Alors, qu’on ne me dise pas que les deux ne sont pas liés. Surtout dans ce monde où les industries alimentaires arrivent à inclure de plus en plus de produits plus rentables pour eux mais qui n’ont pas été testées pour la consommation humaine sur le long terme, voire au pire qui n’a jamais été contrôlée du tout. Le comble dans tout ça, c’est qu’on doive en venir à ajouter le terme « bio » aux aliments conçus dans le respect de la nature et conformes aux pratiques d’avant qui sont là depuis des millénaires, alors qu’on appelle normalement, sans aucun ajout de mention, des produits industrialisés, presque surnaturels, comme des pommes gavées de pesticides mais à la forme trop parfaite. Le monde à l’envers.
De plus, consommer des produits conçus pour être le plus rentable possible au profit de ses producteurs-trices, que ce soit en faisant en sorte que la terre produise un maximum en la tuant à petit feu ou en profitant de la misère d’ouvriers de l’autre bout du monde en leur donnant de quoi à peine survivre, revient à encourager ce type de commerce. On ne peut pas critiquer les mauvais aspects du capitalisme tout en en profitant continuellement, ou alors c’est ne pas être cohérent avec soi-même. Tout comme on ne doit pas se sentir coupable de devoir passer par cette phase, pour pouvoir réfléchir et commencer à agir pour s’en sortir. Et ces industries (et beaucoup d’autres influenceurs) comptent beaucoup sur cette culpabilisation pour pousser les consommateurs à se résigner et à se dire que finalement, il n’y a que ce système de possible et qu’on ne peut pas faire autrement.
Enfin, et surtout, quand les produits de base sont cultivés chez soi, toute la culture doit être faite. Du semis à la récolte, jusqu’au transport et à la préparation. Et ça, ça en fait de l’exercice physique (ce qui rejoint le premier point). Plutôt que de se payer un abonnement à une salle de sport et de bouffer ses bananes nucléaires venues en avion, je préfère autant à ça que de voir la Nature faire son œuvre pour ensuite consommer ses fruits et profiter d’un délicieux repas, avec ce sentiment de satisfaction bien connu de ceux-celles qui font les choses eux-elles-mêmes.

En se basant sur la maxime « se changer soi, c’est changer le monde », c’est en développant ce type de communautés que je pense qu’il y a une voie possible vers de meilleures conditions de vie. C’est la façon que je trouve maintenant la plus concrète de se battre politiquement. Au lieu d’attendre des changements venus d’en haut par des partis qui n’ont aucun intérêt à ce qu’on se libère, faisons-les émerger par le bas, horizontalement, et espérons qu’ils se répandent partout dans le monde, de pair à pair. Certains compareront cette vue de l’esprit avec la vision des pionniers libertaires d’Internet. Finalement, Internet n’est que la continuité d’un mouvement très ancien et profondément enraciné chez beaucoup car humain: l’auto-gestion, l’entraide, le partage des connaissances et l’échange des cultures, l’empathie et l’ouverture aux autres, le refus de l’autorité, la non-violence comme arme.
Et qui sait alors ce que nous réservera le futur ? Si un réseau de communautés se développait aussi largement que ne se l’est développé celui d’Internet ? Qui sait …

Peut-être que ça changera quelque chose.
Tant que chacun fait sa part.

Et que cela dure.

Soyons sérieux N°2 – Contestation et con-testation

La pilule rouge, dure à avaler mais libératrice

Fumeur de cannabis, élève ta voix !

Des policiers surveillent le trafic, de loin

Comme j’en parlais dans mon article Laissez-nous vivre !, je ne comprends pas. Dans une France ouvertement libérale, c’est quand même bizarre qu’on ne puisse pas consommer une simple plante en toute légalité.

En France, la loi stipule que la présentation sous un jour favorable (cf le Code de la santé publique), la consommation, la production, la possession ou toute forme d’échange entre deux personnes de cannabis (cf le Code pénal) sont interdites. Ne voyez-vous pas que c’est le genre de loi qu’on trouve dans les dictatures ?
La première partie est une atteinte grave à la liberté d’expression. Du coup, pour ne pas tomber sous le coup de la loi, aucun livre ne peut être édité racontant l’histoire d’un fumeur non psychopathodépressif (allez vérifier dans une librairie). De même, arborer une feuille de cannabis sur son T-shirt peut vous amener à subir fouilles au corps en public. Et puis bref, la suite part du postulat que ceux qui font pousser du cannabis sont forcément des criminels assoiffés de sang, tuant tous les honnêtes gens sur leurs passages et qui attendent les lycéennes à la sortie des cours pour les droguer et les forcer à se prostituer.

Il faut dire que les consommateurs alimentent en partie ces trafics criminels, qui font arrêter les études à certains jeunes ou occasionnent des « guerre de gangs » que les médias relaient en masse de manière anxiogène. Même s’il n’y a pas autant de violence qu’on veut le faire croire, ça reste une réalité. Pourquoi alors les consommateurs continuent de se fournir à la sauvette en bas d’un immeuble tenu par des trafiquants ou chez quelqu’un qui fait pousser chez lui, ou commandent de plus en plus en ligne sur des marchés inatteignables ? Il n’y a aucune alternative proposée par l’Etat. Tout est bloqué. Impossible d’avancer dans ces conditions-là.

Un vendeur tend une barette de résine à son client contre 20 euros

Certains prétendent, pour bloquer le débat, que légaliser le cannabis encouragerait la consommation de cannabis. Regardez le mariage gay en France. A ce que je sache, la France ne s’est pas transformé en géante gay pride.
D’autres oublient complètement de réfléchir et s’accrochent à la définition de la loi, la pensant immuable et amplifiant des rumeurs infondées, sans s’être renseigné sur le sujet. La loi fait perdre toute objectivité aux citoyens.
L’alcool, pas de soucis, ça tue des milliers de personnes chaque année, c’est le plus gros responsable des faits de violences, notamment conjugales, en France. Par contre le cannabis, non mais t’es ouf ! Ça va décérébrer les gosses, rendre la jeunesse révolutionnaire et détruire tous les principes moraux sur lesquels sont basés notre belle République !

Ce sujet est devenu trop tabou, il est temps qu’on en parle vraiment, que l’on casse les clichés qui disent qu’un fumeur de cannabis est forcément un défoncé qui traine comme une loque toute la journée, complètement à l’ouest, imbécile, dilapidant son RSA dans la drogue. Le tout, c’est d’en parler avec raison et non pas sous le coup de l’émotion, comme c’est traité en général dans les médias traditionnels et chez les politiques.

PS: J’aurais voulu parler des arguments qui, en ces temps de crise, iraient dans le sens de provoquer un débat général et citoyen sur le sujet mais la loi, vous savez, toussa. De toute façon, Internet est là pour vous aider si vous voulez creuser et puis j’aurais jamais pu faire un article exhaustif tellement le domaine est vaste.
Une punchline de mots-clés pour finir: traitement douleurs dépression qualité taxes contrôle mineurs emploi sclérose plaques police disponible ouverture

Pourquoi la TV va s’obsolétiser

Dernier épisode de Piège de Freestyle, une des seules émissions du Net qui laissaient s’exprimer librement des MC à propos de l’actu avec réflexions et mots posés. Avec tout un message en filigrane qui est un petit peu bizarre pour moi: pourquoi personne ne produit les meilleurs contenus (à défaut d’être les plus rentables) à la télévision ?

J’y vois autre chose là-dedans. Je vois le succès du projet crowdfunding autour du film Noob, inspiré de la websérie éponyme, qui a dépassé les records en explosant de 10 fois son objectif initial, révélant que les internautes croient profondément qu’Internet peut contribuer à financer les œuvres de demain. Je vois les Youtubeurs comme LanguedePub qui peuvent vivre décemment de leurs vidéos en vendant des goodies et en étant payé par Google Adsense via les pubs placées sur la vidéo (plus contestable, ça mériterait un billet à propos). Y a plein de choses qui se passent en ce moment, on vit une transition géniale.

Après toutes ces années à consommer du contenu uniquement décidé par un petit nombre de personnes de façon verticale, financé par de la publicité nous rendant toujours plus dociles chaque jour, on a maintenant une plateforme qui nous permet enfin de concrètement exercer la démocratie.
Et plus le nombre de personnes à l’avoir compris augmentera, plus l’audience télé baissera. Quelque soit les méthodes de marketing, de social media ou autre bullshit de jeune cadre « bienpensant », le fait est là. La structure même de la télé aura été dévoilée au grand jour, dégoulinante des restes de Nabilla et des producteurs d’enquête choc sur la police.

Pour en revenir à Piège de Freestyle, c’est dommage que ça s’arrête. C’était quand même un bel espace de liberté, et ça passait smooth. Maintenant, faut aussi que le milieu du hip-hop, comme beaucoup d’autres, prenne conscience de la puissance d’Internet et des internautes. Faut y aller petit à petit, mais on y arrivera.

Ôde à…

Aux journalistes qui pensent que leur avis est supérieur à celui du citoyen lambda comme ils aiment à les appeler.

Aux chauffards qui font la compétition pour montrer qu’ils ont des couilles, quitte à niquer le trafic.

Aux petits chefs qui se croient différents de leurs employés esclaves au travail.

A ceux sûrs d’eux que rien ne changera.

Aux mêmes gus qui insistent dans leur bêtise.

A la doxa, l’establishment, la bonne pensée.

Aux dirigeants culturels qui mettent en avant tout ce qu’il faut pour abrutir le consommateur et lui faire oublier ce qu’est l’art.

A ceux qui oublient bien vite les évènements passés et ravalent les mêmes mensonges.

A ceux qui se prétendent humains mais agissent comme des animaux.

MERDE

Laissez-nous vivre !

Lobbies, hypocrisie, austérité… Parfois, tout ça se mélange assez sournoisement et toujours aux dépens du citoyen-consommateur.

Récemment, l’amendement Nutella a été adopté dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013. En gros, on réfléchit à taxer de quelques centimes de plus les produits contenant de l’huile de palme, dont le plus représentant le plus connu est la pâte à tartiner préférée des français, en faveur de la santé publique et de boucher le trou de la sécu (toujours hein, ce serait pas justifié sinon).

Si l’huile de palme est considérée comme si dangereuse par le Sénat, alors pourquoi ne pas l’interdire tout simplement ? Pourquoi toujours répercuter ça dans les dépenses du consommateur moyen ?

– 6 centimes par kilo, c’est rien, en fais pas tout un foin.

Bordel mais si. Il y a une différence entre aller dans le fond de ses convictions et établir un compromis qui va apaiser la conscience et rien régler au problème. Et cette mesure va rien faire aux industriels puisque la taxe sera répercutée sur le prix final du produit, ça ne les empêchera en rien de le fabriquer. Qui sera incité à ne plus utiliser d’huile de palme dans ses produits ? Personne. Qui sera incité à ne plus consommer ces produits ? Les consommateurs.

Rien que pour le principe, j’espère que cette piste de réflexion s’étouffera dans son vomi. Y a d’autres moyens pour ramasser du fric.

Le Nutella, ça vous paraît sans importance. Mais les cigarettes, c’est le même schéma. Aux fumeurs: attention, ce schéma nuit à votre santé et à son entourage.

Qu’est-ce qui ressort de ce schéma ? Et bien, en admettant que le prix pour produire une cigarette est équivalent depuis 10 ans, alors le prix d’un paquet de cigarettes vendu chez le buraliste est en majorité des taxes. Avant, attention, on était bien agressifs, on montait le prix bien fort. Mais on perdait des fumeurs. Depuis 2003, on augmente la taxe de quelques pourcents, en jouant sur la même corde que l’histoire du Nutella. Comme ça, y a toujours plein d’accros à la clope et on peut faire notre beurre tranquillement.
Vous voyez le problème ? Augmenter le prix d’un produit pour soi-disant le bien de tous n’a aucun effet sur la consommation nationale de celui-ci. Et ceux qui ne veulent pas arrêter de fumer et qui ne veulent pas se conformer aux voeux de Notre Forderie ?

Autre sujet d’actualité ces derniers temps: la consommation de cannabis en France. Alors ça, c’est LE sujet tabou. En France, présenter le cannabis sous un jour favorable et le consommer dans un cadre privé est interdit. Au final, on est les plus gros consommateurs en Europe. Je pourrais détailler les solutions alternatives à la hyper-marginalisation de cette plante (oui, c’est une plante, contrairement à tous les antidépresseurs vendus en France) mais ça aurait sa place dans un article complet. Si vous voulez un aperçu, Le Blogueur d’Arte a présenté en octobre un reportage très complet et sans langue de bois sur le sujet.

Tout ça pour dire que, gouvernement de droite, de gauche, de centre, d’en haut, d’en bas quoi que ce soit, c’est toujours la même merde. Laissez-nous faire notre choix ! Marre d’être infantilisé à nous dire quoi faire, quoi consommer, quoi penser !

Radiohead – Fitter Happier. C’est de circonstance.

Les enfants au McDo, c’est affligeant

Je suis allé au McDo très récemment, juste avant d’aller taffer, et je m’installe au niveau inférieur, prenant une des tables non occupées par ces familles galopantes. Mais ce que j’ai le plus retenu, c’est les enfants qui accompagnent ces familles.

Enfants au McDo

Comment peuvent-ils avaler un sandwich qui fait trois fois leur taille ? Qui en plus les gavent de calories dans des proportions déjà superflues pour l’adulte, alors totalement gigantesques pour un enfant. Ça devrait être aux parents de leur interdire de fréquenter ce lieu, de dire non à cette escapade dans ce haut lieu du piétinement de l’équilibre alimentaire.
En principe, si les vendeurs avaient un minimum de bon sens, ils déconseilleraient au moins aux clients d’acheter du fast food à leurs gosses. M’enfin ça, ce serait dans le monde des bisounours. Une multinationale qui s’écarte de potentiels profits consciemment, ce serait du jamais vu. Et puis, de toute façon, c’est inscrit dans les moeurs. Le McDo, c’est fait pour être bon et satisfaire les envies primitives des papilles humaines, c’est servi en 5 minutes et puis, y a même un jouet à monter pour les gosses.

Mais au-delà de tout ça, ce qui m’énerve le plus au McDo, c’est que BORDEL Y EN A MARRE DE CES CHIARDS QUI HURLENT ET COURENT DANS TOUS LES SENS DANS UN RESTAURANT !

NiiiaaaaAAAAAA !!

Le péril jeune

« Le problème actuel, c’est que la jeunesse actuelle, on lui dit qu’elle doit se trouver un boulot, trouver sa place dans la vie, et travailler pour réussir. Comme la génération de nos parents, pour laquelle la réussite scolaire ouvrait l’accès à la connaissance, le métier, le salaire et le rang social.

Mais Internet a balayé cette conception de la vie :
– En ouvrant l’accès à la connaissance, plus besoin de traîner dans les bibliothèques universitaires
– En montrant la corruption de ce monde, comment se détruire pour réussir
– En montrant que ceux qui possèdent le plus haut rang social et le plus d’argent sont en majorité des parasites économiques qui possèdent leurs biens de manière illégitime (traders, banquiers, politiciens, etc.)
Du coup, la tendance actuelle des jeunes est de vouloir être heureux dans la vie avec un boulot simple. La reconnaissance, ils n’en ont plus grand chose à foutre pour ce que j’observe, et je trouve ça plutôt bien.

Quand on voit le monde actuel, rongé par le fric, la luxure, l’égoïsme, le népotisme et la médiocrité, un monde destructeur intérieurement et extérieurement, un monde diabolique dirais-je même, dans lequel le seul moyen de réussir est d’enculer son prochain, quel jeune saint d’esprit pourrait avoir envie de bosser ?

Qui voudrait encore contribuer à construire cette société de merde en plein écroulement, corrompue jusqu’au trognon ? Qui voudrait y trouver sa place ?

Normal que nos jeunes fument plus, se droguent plus, baisent plus et de plus en plus tôt, ils exultent pour essayer de fuir un monde pourri qu’ils rejettent. Et ils ont totalement raison.

Moi je dirais que ce sont plutôt les élèves studieux et qui ont de bonnes notes qui sont stupides. Après il y a les génies comme moi qui ne foutent rien et réussissent tout, tout en réalisant la merde actuelle, mais bon, c’est pas le plus fréquent.
Ceux que je vois, ils ont la tête dans le guidon, leurs œillères, bossent sous la pression des parents sans voir au-delà de l’école… Et finissent par se ramasser lamentablement dans le sup.
C’est dingue de voir les 1ers de classe, les 3/4 du temps ce sont des filles anorexiques ou hyperthyroïdiennes qui compensent par le boulot la frustration de leur vie, qui les mène inexorablement à l’autodestruction. Voir les profs en faire des exemples sur le seul argument de la note est d’une stupidité effroyable.

Qui voudrait bosser pour participer à la construction du monde actuel en s’autodétruisant, à part un fou ? »

Source: commentaire de Goldoark sur l’anecdote du prof qui piégea ses élèves en disséminant de fausses données sur le web (cf lien)

Google et sa vision de l’agenda Big Brother

Possédant un Samsung Galaxy S 2, je suis passé récemment à la rom CyanogenMod 7.1, basée sur la rom officielle Android Gingerbread 2.3.7. J’entendais par-ci par-là que c’était un des firmwares les plus customisables, stables et réactifs alors je me suis lancé vers son install. Ça fait une ou deux semaines que je l’utilise et à part quelques rares crashes d’applications, le système se porte plutôt bien.

Sur cette version, les applications de base comme les contacts ou l’agenda ont été remaniées par rapport à celles de la rom officielle 2.3.5 que j’utilisais avant. On voit là le vœu de Google d’unifier l’expérience Android: l’agenda se rapproche du skin minimaliste de l’appli Gmail introduite plus tôt.

L'Agenda sur la 2.3.7, c'est du Gmail mobile tout craché

M’étant plongé dans les réglages des différentes applis que j’utilise quotidiennement pour en obtenir une utilisation plus personnelle, je me suis fait surprendre dans les réglages de l’appli Agendas: chaque nouvel événement que j’inscrivais se synchronisait avec les deux comptes Gmail que j’utilise ! Google se plaît de plus en plus à faire de l’opt-out, en considérant par défaut que l’utilisateur veut profiter d’une fonctionnalité.

WTF, Google sait tout ce que je fais depuis 2 semaines O_o ?!

J’ai bien sûr tout de suite désynchronisé mes comptes: pas question de laisser traîner ce que je fais chaque jour sur un service en ligne ou autre cloud ! Et ce n’est pas une histoire de parano ou de complotiste contre les mondialistes enclins au contrôle des populations, c’est juste de posséder le contrôle sur notre vie privée. Quand on voit que n’importe quel système de base de données est faillible aux fuites (Stratfor, Sony, services secrets, …), je me sens plus à l’aise pour les applications importantes de tout avoir en local.
Au final, le problème, ce n’est pas ça. Quand vous avez tout désynchronisé, si vous essayez de créer un nouvel événement, et bien c’est impossible.

Oublie le local, passez au cloud

Donc selon Google, vous êtes obligés de mettre sur leurs serveurs vos activités de la semaine, ou alors d’utiliser un compte Gmail fake. Génial hein ?

Au moins, cette mésaventure m’a permis de trouver mon bonheur dans une autre application, très complète et plus pratique à l’utilisation: Jorte . Même si l’interface est simple, je trouve qu’elle permet une meilleure vue d’ensemble et permet de voir le détail des événements plus rapidement qu’avec la nouvelle appli Agendas d’Android. Vous avez la possibilité de synchroniser les calendriers Gmail, le cloud Jorte ou de rester au calendrier stocké de manière locale. Et puis, par défaut, la synchronisation est désactivée bien sûr.

Tout ça pour dire qu’à l’achat d’un smartphone, il est très important de faire un tour des paramètres de l’appareil ainsi que des applications susceptibles d’être synchronisées avec des services externes. Si on ne fait pas attention, il est très facile de prendre une photo, géolocalisée et automatiquement partagée sur Picasa, tout ça sans s’en rendre compte.